H15 – MALEMORT en 1955

Beaucoup s’en souviennent. C’était alors une commune encore rurale où la vie s’écoulait au rythme des saisons. La RN 89, dans sa traversée du bourg, s’ombrageait de magnifiques ormes, hélas disparus. Le terrain à bâtir n’y coûtait que de 600 à 2000 AF, la zone agricole (collines et plaines) de 100 à 500 AF et la carte foncière annonçait 109 hectares 21 de BOIS PUBLICS et 257 hectares de BOIS PRIVÉS.

Quant à la CIRCULATION, elle ne posait pas de problèmes d’embouteillage. En sept années, au carrefour de la RN 89 et du G.C. 44, il n’avait été enregistré que trois accidents graves (mais non mortels), du fait de la collision de véhicules  automobiles.
Toutefois le raccordement, sur la RN 89, donnant accès à la carrière ALLARD-PIMONT, avait été le lieu d’un accident faisant deux morts par collision entre camion et auto, quatre années auparavant. C’est à dire en 1951 .
Il faut dire que, même sur la RN 89, à la limite BRIVE-MALEMORT, la circulation était loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui. On enregistrait, au 15 août 1955, jour chargé en passages, 892 bicyclettes de jour et 138 de nuit, 2351 camionnettes (de jour), 10 transports en commun.
Il existait alors, entre Brive et Malemort, QUATRE SERVICES PAR JOUR : 8 heures, 10 heures, 12 heures, 14 heures 45. La moyenne des parcours étant de 122 par semaine, en hiver, et de 208 en été.
La moyenne annuelle sur 24 heures, n’était alors, pour les véhicules automobiles, que de 443, pour 267 camions.
Les tracteurs étaient encore assez peu nombreux : il n’en passait, toujours sur la R.N 89, qu’environ 1 par jour, en période d’hiver.
Par contre, on rencontrait encore des véhicules à traction animale : Charrettes et charrettous», carrioles, attelages divers : 14 en moyenne par semaine, en hiver, et 1 1 7 en période d’été.
Les véhicules attelés ont, pratiquement, disparu de nos routes, tant départementales que nationales. Mais, en 1955, le cheptel des solipèdes malemortois était de 31 bêtes de trait, réparties en : – 24 ânes, – 6 chevaux, – 1 mulet.
La traction automobile a porté un coup à ces sympathiques petits bourricots, durs à l’ouvrage, se contentant de peu et propres à tous les charrois d’une exploitation. Un recensement actuel n’en compterait sans doute pas plus de 3 ou 4.

En ce qui concerne la DEMOGRAPHIE, sur l’ensemble du territoire de la commune, et de 1911 à 1954, elle a connu une augmentation continue, qui l’a amenée de 1080 habitants à 1.518.
Recensement de la population au 1er Octobre 77 s’établissait ainsi : Population légale 5460, Population fictive 456 (habitation devant être occupée dans les quelques mois suivant le recensement).

QUANT AUX NAISSANCES, de 1931 à 1934, elles ont accusé une évolution en dents de scie, avec comme années les plus 1934 (9), 1938 (7) 1941 (8), et 1944 (10), en 1949 (12) et 15 en 1954.
Les points culminants se situant en .1948, avec 29 naissances et en 1952, avec 31 naissances.

LA MORTALITÉ pour cette même période, a suivi, elle aussi, une courbe irrégulière, passant de 12 en 1938, à 30, en 951 , chiffres minima et maxima.

De 1931 à 1940, LES MARIAGES se sont étagés de 4 à 10 pour atteindre une pointe en 1941 , retomber à 4, en 942 et amorcer une remontée triomphale en 1945, avec 27 mariages. Les chiffres des années suivantes, de 1946»à 1954, se sont échelonnés, irrégulièrement, de 6 à 15.
Actuellement, on a procédé, en 1977, à la Mairie de MALEMORT, à 32 mariages.

CE QUI A DISPARU :
En 1955, la commune de MALEMORT ne possédait évidemment pas de zone industrielle. Néanmoins, elle possédait CINQ ÉTABLISSEMENTS IMPORTANTS, lesquels ont tous disparu. C’étaient :
– Les cycles ROCHET (Usine MANIERE) 60 ouvriers env.
– LES PAPETERIES DU LIMOUSIN (env. 50 ouvriers)
– HOURDIS A.B.C. (Préfabriqués)
– Conserves LABRO (60 ouvriers env.)
– LES TRAVAUX PUBLICS DU LIMOUSIN (40 ouvriers env.)

Le commerce y était florissant, avec plus de 50 établissements divers, parmi lesquels (pour 1 518 habitants) 10 débits de boisson !

MALEMORT POSSÉDAIT, EN 1955 :
6 auberges – 4.couturières – 6 épiceries -2 cordonneries -1 lingerie -2 merceries -3 sabotiers -2 marchands de cycle 1 entreprise de battage 1 marchand de grains – 1 charron – 1 maréchal-ferrant.
Beaucoup de modifications et de disparitions sont intervenus dans ces commerces, du fait de l’évolution.

DE MÊME DANS L’AGRICULTURE : Malemort possédait alors (sur 1518 habitants) une population de 800 agriculteurs, se répartissant en une centaine d’exploitations, allant de 3 à 37 hectares (dix d’entre elles possédant plus de vingt hectares). C’était donc une commune essentiellement agricole, qui alimentait tout naturellement sa voisine BRIVE , en fruits, légumes et produits de la terre, au point qu’on a pu dire qu’elle était l’une des plus importantes communes nourricières de la cité gaillarde.

L’urbanisation galopante, en réduisant les surfaces cultivées, la facilité des transports et l’extension du marché du travail briviste (qui occupait déjà en 1955 env. 150 malemortois) ont considérablement modifié cette ancienne vocation agricole.
En 1978, MALEMORT est une commune industrielle : en pleine expansion, ou l’équilibre s’est fait entre le résidentiel et les entreprises de commerce et d’industrie. Elle s’est adaptée à l’économie moderne. Il ne lui reste plus, tout en poursuivant un rythme d’accroissement raisonnable qu’à s’y préoccuper de la qualité de la vie : confort, liberté, respect de l’environnement.

                                                            Suzie Bourliaguet